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Chronique
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ALEIJADINHO

Portrait
de : Antônio Francisco Lisboa, dit Aleijadinho
Architecte et sculpteur brésilien (1730-1814)
Antônio
Francisco Lisboa, communément appelé l'Aleijadinho,
est né en 1730 dans l'ancienne Vila Rica - aujourd'hui Ouro
Preto et meurt dans la même ville, en 1814, dans une pauvreté
absolue .
Fils naturel d'un architecte portugais, Manuel Francisco Lisboa,
et de son esclave africaine, Isabel, c'est un mulâtre, un
sang-mêlé, typique de cette nouvelle population issue
des remous de la colonisation dans l'époque trouble qui précéda
l'indépendance du Brésil de la tutelle portugaise.
Réussissant
à concilier tous ces aspects apparemment négatifs
(enfant naturel, de mère esclave, handicapé physique
et indigent) il fit preuve d'une formidable productivité
et d'une longue carrière artistique marquée par des
œuvres d'une qualité exceptionnelle, qui lui ont valu d'être
reconnu comme le principal artiste de son époque dans l'empire
colonial portugais.
Il
découvrit le baroque par des gravures et des dessins apportés
d'Europe par des artistes portugais, des religieux, des voyageurs…
Studieux et appliqué, il s'intéressa à plusieurs
artistes de l'époque dont il suivit la formation et bénéficia
même de l'influence de son père. Mais son génie
dépassa rapidement ces modèles en créant un
art particulier et un savoir-faire artistique personnel.
Par sa vocation et son apprentissage, Manuel Francisco devint l'architecte
le plus important d'Ouro Preto entre 1730 et 1760, conçoit
nombre d'églises (notamment : l'église Saint François
d'Assise) de sa ville natale et porte à son sommet ce style
colonial caractéristique hérité du baroque
portugais. Parfait autodidacte, il est aujourd'hui l'artiste brésilien
le plus connu et reconnu dans le monde pour son œuvre unique que
l'on peut admirer dans les villes de l'Etat du Minas Gerais.
La
force indomptable de son caractère lui permet de déployer
une activité inlassable, de répondre aux multiples
commandes en luttant, dès l'âge de 40 ans environ,
contre les souffrances et les ravages d'une maladie qu'on suppose,
aujourd'hui, être l'hanséniase ou lèpre, car
la pathologie se caractérise par l'atrophie et la perte de
l'usage des pieds, puis des mains. Cela provoqua la perte progressive
du mouvement de ses doigts et de ses pieds. Il devait marcher sur
les genoux et attacher ses instruments à ses mains pour pouvoir
continuer à sculpter.
Il se serait d'ailleurs fait couper les doigts pour échapper
à d'insupportables douleurs et il a fini par travailler avec
les outils assujettis à ses moignons.
Outre la lèpre, il était certainement atteint
également de "porfiria" (maladie de Wilson) ce qui l'obligeait
à vêtir une cape sombre pour protéger ses chancres
du soleil.
Sculpteur
reconnu et respecté, il donne toute la mesure de son art
dans son œuvre majeure : à Congonhas do Campo (Etat du Minas
Gerais) sur une colline, il étage un chemin de croix, au
terme duquel se dresse le sanctuaire de pèlerinage du Bom
Jesus de Matosinhos, où l'artiste a placé douze prophètes
en pedra sabão ("pierre-savon", une roche grise à
l'aspect duveteux). Si le maître a confié la réalisation
de huit de ces figures à des élèves, il a lui-même
sculpté celles de Daniel, d'Ézéchiel, de Jonas
et d'Habacuc.
Ces figures ont été réalisées entre
1799 et 1805.
Voici
le plan du parvis de l'Eglise du Bom Jesus de Matosinhos. Les chiffres
représentent la position des douze prophètes.

L'Eglise
Bom Jesus de Matosinhos (Minas Gerais)
Les
12 Prophètes :
   
   
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auteur:
Nina Padilha
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